Le blog Roulettes et Sac à dos

Témoignage d'une handi-voyageuse

  • © Audrey Barbaud
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  • Voir la photo Audrey Barbaud et Alessandro di Benedetto
  • Voir la photo Audrey Barbaud en Guadeloupe
  • Voir la photo Audrey Barbaud, vol en parapente
  • Voir la photo Audrey Barbaud, parc de Yosemite

C’est le blog d’Audrey Barbaud, passionnée de voyage. Partir voir ce qui se passe ailleurs, faire des rencontres, découvrir de nouvelles choses et en prendre plein la vue, c’est son truc. Alors depuis quelques années elle parcourt le monde, toute seule. Enfin, pas tout à fait seule. Elle est accompagnée de son fidèle destrier : son fauteuil roulant. Avec ce blog, Audrey qui veut montrer que voyager en fauteuil roulant est possible, vous invite à suivre ses aventures...

L’équipe Handitourisme du CRT Bretagne a rencontré Audrey, blogueuse et handi voyageuse, qui raconte ses périples autour du monde. A travers ses récits de voyages et une énergie débordante, Audrey prouve qu’il est possible de voyager seule avec un handicap. Focus sur cette jeune femme qui a la bougeotte !

Peux-tu te présenter et présenter ton blog ?

Je m’appelle Audrey, j’ai 25 ans, je me déplace en fauteuil roulant électrique et mon blog s’appelle Roulettes et Sac à dos. Je l’ai créé il y a deux ans. Tout est parti d’un constat : c’est compliqué de récolter des informations sur l’accessibilité quand on voyage et parfois quand on en trouve, elles sont fausses. Comme j’aime voyager, j’ai pensé que les informations que je trouvais pouvaient être utiles à d’autres et donc les partager. Et puis en même temps ça donne une image plus positive du handicap. J’ai voyagé dans pas mal de pays d’Europe, mais aussi en Guadeloupe, sur la côte ouest des États-Unis et dans trois semaines je pars en Thaïlande ! Parfois je voyage avec des amis, mais le plus souvent je pars toute seule. A travers mon blog je veux montrer qu’on peut voyager seul avec un handicap.

Comment est-ce que tu organises tes voyages ?

C’est très variable. Je suis allée sur la côte ouest des États-Unis, là-bas la question de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap est prise en compte depuis les années 1990. Les transports sont adaptés, donc c’est vraiment très simple pour se déplacer. Par exemple dans les parcs nationaux on met à disposition des documents dédiés pour les personnes handicapées qui sont super bien faits. Tout est prévu pour faciliter l’organisation de ton séjour. Pour la Thaïlande par contre, je m’arrache les cheveux : il y a très peu d’infos et des grosses failles en matière d’accessibilité. J’ai trouvé des hébergements accessibles mais le problème c’est comment y aller ? Les transports ne sont pas adaptés. Alors je cherche longtemps sur internet, j’ai réussi à trouver des informations sur un forum qui datent de 2001 !

Une de tes meilleures expériences lors d’un de tes voyages ?

Il y en a plein… Mais là comme ça, je ne sais pas… J’ai adoré faire du parapente dans les Alpes, j’ai adoré visiter le Grand Canyon, j’ai pleuré quand j’ai vu des baleines... J’ai des souvenirs incroyables pour chacune des destinations que j’ai visitées.

Voyager seule ça t’a apporté quoi ?

Partir toute seule c’est plus de liberté : on s’écoute, on est libre dans ses choix. Si tu as envie d’aller à tel endroit ou de faire tel truc tu y vas. Mine de rien ça arrive rarement de “s’écouter”. Il y a des moments forts. Voyager seule m’a permis de faire beaucoup de rencontres, les gens entrent plus facilement en contact. Aux États-Unis par exemple, je suis partie seule, mais je n’ai jamais été aussi peu seule lors d’un voyage. Tout le monde venait me parler. Ce qui est bien aussi, c’est que si j’ai un problème, par exemple le fauteuil qui tombe en panne au milieu de nulle part, je suis obligée de me débrouiller toute seule. Je ne le vois pas forcément comme quelque chose de positif sur le coup mais après quand je reviens, je sens que ça m’a apporté de l’expérience.

Pourquoi tu t’es installée en Bretagne ?

Je suis originaire de Bourgogne. Un jour j’ai participé à une conférence sur le sport et le handicap organisée par le Comité Handisport de la Côte d’Or. Le directeur disait une chose très pertinente : quand on devient handicapé suite à un accident, si on a déjà eu une pratique sportive, avec le temps on peut se remettre à faire du sport, mais quand on est handicapé dès la naissance on n’en fait pas parce qu’on nous a jamais appris ou sensibilisé à ça. Et il nous parlait de tous les sports qu’on pouvait pratiquer avec un handicap : la voile, la plongée…Ca m’a donné envie de me mettre à la voile et j’ai commencé à naviguer sur différents plans d’eau. Puis un jour je lis dans un journal que l’un des skippers de la Route du Rhum s’est associé au Téléthon. C’était une drôle de coïncidence. Je l’ai contacté et de fil en aiguille je suis devenue reporter pour lui. J’ai alors pu assister aux conférences de presse, faire une sortie en mer, j’étais au départ à Saint-Malo et à l’arrivée à Pointe-à-Pitre. Quelques mois plus tard j’ai décidé de déménager à Auray car je voulais faire de la voile.

Il y a un endroit que tu aimes particulièrement en Bretagne ?

J’avoue que je n’ai pas encore eu le temps de faire énormément de tourisme mais j’aime beaucoup la mer, les paysages sont magnifiques, les gens sont très sympathiques. Pour ce qui est de l’accessibilité, ce n’est pas pire qu’ailleurs. Une chose que j’ai particulièrement aimé faire c’est de me promener sur l’île de Groix, c’était très beau. J’ai aussi passé une nuit dans une cabane entièrement accessible dans le Morbihan, perchée dans les arbres et j’ai trouvé ça génial.

Le message que tu aimerais faire passer aux personnes qui souhaitent voyager seules avec un handicap ?

Et bien le message habituel : osez ! C’est en partant qu’on apprend. C’est sûr, tout est loin d’être accessible, il y a des galères mais ça vaut le coup. Ce n’est pas parce qu’on est en fauteuil qu’on doit rester confiné chez soi et qu’on ne peut rien faire. Je pars pour trois mois en Thaïlande, maintenant que j’ai pas mal voyagé je veux voir comment je me débrouille dans des lieux moins adaptés. Ça fait partie du challenge.

Merci à Audrey d’avoir répondu à nos questions et retrouvez toutes ses aventures sur son blog : http://roulettes-et-sac-a-dos.com/

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